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Contrat d’insertion ANAPEC (Idmaj) : ce qu’il faut savoir

Publié le 1 novembre 2026 · 5 min de lecture

Indemnité, durée, exonérations, différences avec un CDI ou un CDD : le contrat d’insertion de l’ANAPEC expliqué aux jeunes diplômés, avec les points à vérifier avant de signer.

Des mains signent un contrat posé sur un bureau

Si vous cherchez un premier emploi au Maroc, un employeur vous proposera peut-être un « contrat ANAPEC ». Derrière cette expression se trouve le contrat d'insertion du programme Idmaj : un stage de formation-insertion encadré par la loi, ouvert aux personnes inscrites à l'ANAPEC. Ce n'est ni un CDI ni un CDD, mais un statut à part, avec ses avantages et ses limites.

Les règles de ce dispositif ont été modifiées à plusieurs reprises, et le programme a déjà été suspendu temporairement le temps d'adapter ses conditions. Les montants et durées cités ici proviennent des textes publiés et peuvent évoluer : vérifiez toujours les conditions en vigueur sur anapec.org ou auprès d'une agence ANAPEC.

Le principe

Le contrat d'insertion repose sur le dahir portant loi n° 1-93-16, souvent appelé « loi 16-93 », modifié à plusieurs reprises, et sur des dispositions du Code général des impôts. L'idée : une entreprise vous accueille pour vous former en situation de travail et vous verse une indemnité mensuelle de stage ; en échange, l'État lui accorde des exonérations, pour l'encourager à vous recruter ensuite.

Le contrat s'appelle convention de stage formation-insertion. Il précise votre affectation, vos obligations, la durée hebdomadaire du stage, les congés annuels, le montant de l'indemnité et les cas de rupture. Il ne produit ses effets qu'après avoir été visé par l'administration.

Ne le confondez pas avec le CIP (contrat d'intégration professionnelle), une mesure liée à la formation de diplômés en difficulté d'insertion recrutés en CDI, ni avec Tahfiz, une incitation destinée aux entreprises nouvellement créées qui embauchent en CDI.

Qui peut en bénéficier

  • L'inscription à l'ANAPEC est obligatoire dans tous les cas.
  • Le dispositif a d'abord été conçu pour les titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur, du baccalauréat (ou équivalent) ou de la formation professionnelle. Les réformes récentes l'ont ouvert aux personnes sans diplôme.
  • La loi permet aussi de réserver l'accès, pendant une période déterminée, aux profils qui rencontrent des difficultés particulières d'insertion.

L'exonération d'impôt sur l'indemnité ne s'accorde qu'une seule fois au même stagiaire. En cas de changement d'employeur, vous la conservez dans la limite de 12 mois au total. Raison de plus pour bien choisir l'entreprise.

La durée

Longtemps fixée à 24 mois au maximum, la durée a été raccourcie. L'exonération d'impôt sur l'indemnité est limitée à 12 mois, et la réforme votée par le Parlement (loi n° 51.25) ramène le stage lui-même à 12 mois non renouvelables. Si la convention est rompue pendant les six premiers mois, vous pouvez effectuer un dernier stage chez un autre employeur, sans dépasser cette durée maximale. Les conventions signées avant la réforme peuvent rester soumises aux anciennes règles : renseignez-vous auprès de l'ANAPEC.

L'indemnité

Vous percevez une indemnité mensuelle, pas un salaire. Le texte de référence fixe un plancher de 1 600 dirhams par mois, révisable par voie réglementaire. Si l'indemnité dépasse 6 000 dirhams par mois, l'employeur et le stagiaire perdent les exonérations de cotisations prévues par la loi. L'indemnité est aussi exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite de 6 000 dirhams bruts par mois.

Entre ces bornes, le montant se négocie.

Ce que l'employeur y gagne, et ce qu'il doit faire

  • Pas de cotisations CNSS (parts patronale et salariale) ni de taxe de formation professionnelle sur votre indemnité, dans les limites prévues.
  • L'assurance maladie obligatoire (AMO) des stagiaires est prise en charge par l'État.
  • En cas de recrutement définitif, pendant ou après le stage, l'État prend en charge la part patronale des cotisations CNSS pendant 12 mois. Si vous êtes embauché en CDI, votre salaire peut aussi être exonéré d'impôt sur le revenu pendant 24 mois, dans la limite de 10 000 dirhams bruts par mois, sous conditions.
  • En contrepartie, l'employeur doit recruter au moins 60 % des personnes ayant accompli le stage chez lui. À défaut, il perd tout ou partie des avantages, et la réforme prévoit des exclusions temporaires du dispositif.

Contrat d'insertion, CDI, CDD : les différences

  • Statut et rémunération : en contrat d'insertion, vous êtes stagiaire et percevez une indemnité ; en CDI ou en CDD, vous êtes salarié, avec un salaire et un contrat de travail régi par le Code du travail.
  • Protection sociale : pendant le stage, les cotisations prises en charge pour vous ouvrent droit uniquement à l'AMO. La période ne compte donc pas, en principe, pour vos droits à la retraite, contrairement à un emploi salarié déclaré.
  • Fin du contrat : rien ne garantit votre embauche personnelle. L'obligation de 60 % porte sur l'ensemble des stagiaires de l'entreprise.
  • Embauche : si vous êtes recruté pendant ou après le stage, l'employeur peut vous dispenser de période d'essai.

Les points de vigilance

  1. Ne commencez pas avant que la convention soit visée, et gardez-en une copie.
  2. Lisez chaque clause, en particulier l'indemnité, les horaires et les conditions de rupture.
  3. Vérifiez que vos missions sont formatrices : la loi limite le stagiaire aux tâches qui assurent sa formation-insertion.
  4. Parlez de l'embauche dès l'entretien : combien de stagiaires précédents ont été recrutés, et sur quel poste ?
  5. Réclamez votre attestation de fin de stage, que l'employeur doit vous remettre et qui décrit les travaux réalisés.
  6. En cas d'embauche, négociez votre salaire : voyez parler salaire pour un premier emploi.

S'inscrire à l'ANAPEC

L'inscription se fait en agence ou en ligne, en créant votre espace candidat sur anapec.org. Complétez votre profil, ajoutez votre CV et tenez-le à jour. Pour la méthode de recherche d'ensemble, voyez chercher son premier emploi au Maroc.

En résumé : le contrat d'insertion peut être une vraie porte d'entrée vers un premier emploi, car l'entreprise bénéficie d'avantages pour vous accueillir et a intérêt à vous recruter ensuite. Mais ce n'est pas un contrat de travail : indemnité encadrée, droits sociaux limités, durée courte. Vérifiez les conditions à jour sur anapec.org, signez en connaissance de cause et visez dès le premier jour l'embauche.